Le Tai Chi au patrimoine mondial de l’UNESCO

La consécration a eu lieu le 17 décembre 2020. Le tai chi ou taijiquan, cet art martial chinois renommé à travers le monde, a été inscrit dans la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco. Avec la calligraphie, l’acupuncture et l’opéra de Pékin, c’est un autre élément de la culture chinoise qui est désormais reconnu officiellement.

Il faut dire que le tai chi est une forme d’exercice physique particulièrement appréciée pour se maintenir en forme en douceur et atteindre un état de tranquillité dans de nombreux pays. Considéré comme une gymnastique du corps et de l’esprit, le tai chi se caractérise par l’enchaînement de postures et de mouvements lents avec un travail de respiration.

patrimoine-mondial-unesco-rentre

Le tai chi, patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO

Le tai chi a été popularisé à travers le monde sous sa forme d’exercice physique doux pour le corps et l’esprit. En Chine, il se pratique à tout âge depuis le XVIIe siècle et c’est d’ailleurs de là que vient l’image récurrente des personnes toutes générations confondues en train de faire des enchaînements de mouvements lents, ressemblant à une danse dans les rues ou les parcs. Il est courant de voir cette gymnastique pratiquée dans les espaces publics par ses adeptes en Chine.

Ailleurs, cet art traditionnel chinois se pratique surtout dans les clubs de sport où il est proposé parmi les nombreux programmes sportifs, permettant ainsi à tout un chacun de prendre des cours dirigés par un professionnel ou un maître. Le tai chi peut aussi être pratiqué en individuel à la maison, une fois que les mouvements de base ont été assimilés pendant des séances en groupe.

L’intégration de cet élément culturel chinois dans le patrimoine mondial de l’Unesco depuis le 17 décembre 2020 renforce son intérêt aux yeux du public. Cette inscription est une source de fierté pour les Chinois qui voient dans cette démarche un pas de plus dans l’acceptation de sa culture traditionnelle par le monde. Le dossier présenté par le pays concernant le tai chi a été approuvé lors de la 15e session intergouvernementale pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel qui a eu lieu en Jamaïque.

Sur son site, l’UNESCO décrit le tai chi comme étant une pratique physique traditionnelle qui se caractérise par des mouvements détendus et circulaires s’associant à une régulation de la respiration et à la cultivation d’un esprit neutre et droit.

Il est enfin important de préciser que la Chine compte 42 inscriptions à l’heure actuelle dans la prestigieuse liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Le pays est ainsi classé numéro 1 mondial en la matière.

Histoire du tai chi

Le tai chi chuan a été rendu populaire en Chine et plus précisément à Pékin, à partir du XIXe siècle, par Yang Luchan qui l’avait alors présenté comme un art martial.

Il existe cependant une autre thèse qui attribue l’origine du tai chi chuan à Chen Wangting, un militaire issu de la dynastie des Ming. Selon cette version, cet art fut transmis de génération en génération dans sa famille et c’est lorsqu’il transita par Chen Changxing qu’il évolua hors du cercle familial et notamment vers Yang Luchan.

De nombreuses hypothèses s’opposent quant à l’origine réelle du tai chi toutefois, et il est reconnu que cette discipline n’est évoquée en tant qu’art martial que lors de sa popularisation par Yang Luchan. Elle a par la suite connu une transmission à l’extérieur de la Chine par l’entremise de grands maîtres comme Wang Xian.

Pourquoi pratiquer le tai chi ?

L’on ne saurait limiter la description du tai chi à celui d’art martial. En pratique, le taijiquan est une discipline à la fois physique et mentale faisant appel à la respiration et à la méditation. De nombreux adeptes n’hésitent d’ailleurs pas à le qualifier de méditation en mouvement, de par sa portée physico-spirituelle.

Par ailleurs, il faut savoir que la pratique du tai chi chuan permet de profiter de nombreux avantages pour la santé. Au niveau physique, ses bienfaits se ressentent par le développement de la souplesse, de l’équilibre ainsi que par l’acquisition d’une bonne posture. Même s’il s’agit d’une gymnastique douce, elle permet également de renforcer les muscles des bras et des jambes et de renforcer les articulations notamment grâce à l’enchaînement des postures.

Des études ont également démontré les bienfaits du tai chi sur le système respiratoire et cardiovasculaire. La pratique régulière de cette discipline par les personnes âgées par exemple, permet de réduire les facteurs de risque cardiovasculaire et d’apaiser les douleurs causées par l’arthrose chez les personnes qui en souffrent.

Le tai chi contribue aussi à la santé mentale en provoquant la relaxation de celui qui le pratique. Grâce au travail de respiration pendant l’enchaînement des mouvements, les émotions s’équilibrent et l’esprit est plus apaisé.

visu-patrimoine-mondial-unesco-rentre

À qui s’adresse le tai chi ?

Le tai chi est une activité physique qui est accessible au plus grand nombre étant donné qu’elle ne requiert ni souplesse particulière ni force de la part du pratiquant. le taijiquan se caractérise en effet par des mouvements lents permettant de détecter les blocages et de sentir le passage de l’énergie.

Cet art martial chinois qui date de plusieurs siècles peut ainsi être pratiqué aussi bien par les jeunes que les seniors et même les enfants dès qu’ils sont capables de coordonner leurs mouvements. Le tai chi est particulièrement indiqué pour les personnes qui désirent pratiquer une activité physique peu traumatisante pour les muscles et les articulations.

Bien débuter en tai chi

Le meilleur moyen de s’initier à cette discipline séculaire qu’est le taijiquan est de prendre des cours auprès d’un professeur expérimenté. En effet, il existe aujourd’hui des tutoriels et des cours vidéo permettant d’apprendre soi-même à pratiquer le tai chi, toutefois, il est préférable d’assimiler les bases avec un expert dans un premier temps pour ne pas commettre d’erreurs.

Qu’il ait été disciple ou non d’un maître reconnu dans le domaine ne constitue pas le seul critère à considérer pour le choix du professeur, l’essentiel étant qu’il mette en œuvre une méthodologie claire et solide. Il devra également faire montre d’une maîtrise de tous les aspects de cette discipline, aussi bien du point de vue des techniques de santé que celles martiales ou théoriques.

Le pratiquant devra ensuite prendre soin de s’exercer souvent aux fondamentaux et surtout être patient, car l’essence même du tai chi est la lenteur, la minutie dans chaque mouvement. Il est essentiel de bien maîtriser les fondamentaux avant de s’engager dans l’apprentissage des enchaînements de postures.

Enfin, il est conseillé de pratiquer très régulièrement voire même de s’entraîner tous les jours pendant une quinzaine de minutes pour pouvoir profiter des bienfaits de cette pratique.